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Les disciples de saint Benoît ont toujours abrité et entretenu dans les cloîtres la flamme sacrée de la littérature et de la science. L'école est ouverte d'abord pour les enfants du village, puis très rapidement pour les fils des gentilshommes peu fortunés de la province.
Pour innover ce plan d'études à Sorèze, le moine reprend un passage de la Règle : Chaque âge et chaque degré d'intelligence doit susciter des mesures qui lui soient adaptées (Règle de saint Benoît, ch. 30).
L'enseignement, dispensé en français, ne supprime pas le latin et dom Ferlus répondra un jour au maître de l'Université : " Il n'est pas un seul écolier des hautes classes qui n'ait au moins deux heures d'étude consacrées uniquement au latin le matin et une heure et demie le soir... "
Les cours de mathématiques, de sciences, d'astronomie sont confiés à des professeurs réputés pour leur savoir et, un moine, dom Lamée, avait même acquis une réputation européenne par ses recherches et ses études sur les volcans éteints.
L'enseignement de l'histoire et de la géographie tient une place importante dans le cursus des élèves et chaque classe est pourvue de cartes.
" La géographie s'étudie sur des cartes ", disait dom Ferlus.
L'étude des langues vivantes est une innovation dans le programme d'études et pour l'enseignement de ces langues : anglais, allemand, italien et espagnol, les pères de Sorèze font venir des " natifs ".
A Sorèze, l'éducation aurait été jugée incomplète si en dehors des connaissances absolument nécessaires, n'avaient été proposées des disciplines largement négligées dans d'autres établissements. On enseigne la musique, l'écriture et le dessin, la peinture, l'architecture et la danse.
" Aucun élève ne doit sortir de l'école sans avoir pris des leçons de danse pour acquérir au moins de l'aisance et de la grâce dans la démarche, le maintien et la manière de saluer et de se présenter ".
Une des particularités de Sorèze, à la fin du XVIIIe siècle, est d'avoir une piscine dans le parc. L'ancien vivier des moines avait été transformé en bassin olympique.
Les Exercices, ces jours d'examens oraux excitent l'émulation des élèves et le zèle des maîtres. Les exercices oraux alternaient avec les prises et assauts d'armes, les séances musicales, les représentations théâtrales et nulle part, les solennités scolaires avaient un tel succès.
...L'École de Sorèze possède un théâtre bien monté, où deux fois par mois on représente tout à tour la tragédie, la comédie, l'opéra...
En l'an IX, l'École de Sorèze est considérée comme un établissement d'éducation le plus important du Midi et peut-être de France.
Au milieu du XIXe siècle, le Père Lacordaire est un éducateur et un pédagogue. Comme ses prédécesseurs, il attribue beaucoup d'importance à l'émulation qu'engendre les joutes oratoires qui sont pratiquées dans le cadre de l'Athénée.
Sorèze, dans la vaste ordonnance de sa discipline... n'est ni un cloître voué à l'enseignement exclusif du grec et du latin, ni une caserne... ni une académie d'agrément...c'est une école où la religion, les lettres, les sciences et les arts... se partagent les heures d'un jeune homme et se disputent son cœur...
Toute l'histoire de Sorèze est dans sa devise : Religioni, Scientiis, Artibus, Armi.

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